La Taille des arbres fruitiers

Atelier sur la taille des fruitiers à pépins avec DENIS RETOURNARD

Voici un petit résumé de l’atelier de samedi 16 janvier.

Nous avons pris des notes de l’intervention de Denis Retournard, jardinier des Jardins du Luxembourg, spécialiste sur de nombreux sujets allant de la taille à la plantation en passant par la greffe.

J’espère que vous retrouverez ce que vous avez manquez, voici les principes d’une bonne taille !

Après une brève présentation de l’association des Croqueurs de Pommes nous avons commencé par quelques notions d’arboriculture.

Nous vous invitons d’ailleurs à visiter leur site (http://croqueurs-national.fr/). L’adhésion donne droit à 5 bulletins par an.

 

L’arbre fruitier

Il est composé d’un porte-greffe issu soit d’un pommier franc (pommier issu de semis où l’on sélectionne les plus vigoureux) soit d’un cultivar M9, M106, etc. (variété de pépiniériste classifiée de manière à contrôler la forme de l’arbre). Certains portes-greffes sont nanifiant et destinés aux formes jardinées, d’autres sont plus vigoureux et destinés aux fruitiers de plein vent, comme ceux de notre verger à Itteville (plein vent, haute tige).

Et d’un greffon, celui-ci est la partie supérieure de l’arbre. C’est un cultivar qui possède des qualités spécifiques qui sont difficiles à obtenir autrement. La greffe de ce cultivar sur un porte-greffe est nécessaire pour plusieurs raisons dont les principales sont la rapidité de la mise à fruit et la vigueur de l’arbre. A terme le cultivar peut être affranchi mais c’est une autre histoire.

L’arbre est composé de racines, d’un tronc, d’un point de greffe, de branches charpentières et de rameaux.

Taille des fruitiers 1

Les différentes formes d’arbre fruitier :

Il existe autant de formes d’arbre fruitier que de jardiniers mais nous retrouvons généralement :

Les formes jardinées :

Dont la récolte et l’entretien sont plus rapides ainsi que la mise à fruit (3éme année).

Les basse tiges : les quenouille et pyramide, formées à partir d’un axe principal.

Les gobelets qui comme leur nom l’indique ont une forme de gobelet.

Les formes palissées : comme le fameux tridents contre les murs orientés sud, si courant il y a encore 50 ans !

 

Les formes libres de plein vent :

Les hautes tiges : pouvant atteindre de 10 à 15 m de haut, plutôt destinées aux grands terrains et aux systèmes sylvo-pastoraux. C’est ce que nous avons à Itteville.

Les demi tiges : vous l’aurez compris, ceux ci sont sensiblement les mêmes que les précédents avec un porte greffe un peu moins vigoureux. Ces sujets conviennent aux arbres isolés, ils restent assez accessibles.

La taille une nécessité pour la productivité et l’entretien

En hiver les plantes ligneuses sont en repos végétatif, ce qui ralentit la cicatrisation par rapport à l’été (30 jours en hiver pour 3 en été). En revanche, lors de la taille cela blesse moins l’arbre qui n’a pas de feuille donc moins de circulation de sève. Ce phénomène crée une disproportion entre les racines de l’arbre et la partie aérienne.

Au printemps et en été l’arbre produit beaucoup de pousses pour compenser cette disproportion, il va produire des rameaux fructifères et donner plus d’énergie aux fruits.

Rappelons que la taille est un traumatisme pour l’arbre c’est pourquoi il vaut mieux tailler progressivement et régulièrement plutôt que de « rattraper » un arbre négligé pendant trop longtemps !

La répartition de la sève dans les rameaux est une notion importante à comprendre pour faire une bonne taille, elle se dirige toujours vers le bourgeon du haut.

Lorsque nous taillons le vieux bois de l’année passée, un nouveau rameau poussera à partir du dernier bourgeon que nous laissons sur la branche.

Sur ce nouveau rameau des boutons floraux vont apparaître qui feront place à des fruits.

Les dards bois, les lambourdes et les bourses sont aussi des éléments stratégiques qui donneront des fruits en fonction du flux de sève qui les alimente. On favorisera toujours un bon flux de sèves vers ces organes-ci.

 

Bourse :

Taille des fruitiers 2

 

Lambourdes :

Taille des fruitiers 3

Dard a bois :

Taille des fruitiers 4

Il faut différencier les bourgeons floraux des bourgeons à bois, cela permet d’orienter les rameaux vers l’extérieur.

Taille des fruitiers 5

Maintenant place à la taille ! Sécateurs en mains, la stratégie est simple :

Un jeune monte dans l’arbre pendant qu’un moins jeune reste au sol, avec une vue générale de l’arbre il donnera les directives.

Nous nous débarrassons du bois mort, des branches mourantes et des branches qui s’entrecroisent ou celles ayant un angle trop ouvert ou trop fermé (50 degrés étant un angle correct).

Nous rabattons ensuite les rameaux à leurs premiers tiers environ.

Les branches sont taillées au niveau du cercle de cicatrisation ou juste après un bourgeon pour ne pas laisser de « chico » qui est la porte ouverte aux parasites.

On se débarrasse aussi du gui. Pourtant notez qu’une fois installé, il reviendra chaque année.

Les lichens et mousses peuvent être retiré à la brosse douce.

Le but de la taille est aussi d’ouvrir l’arbre de manière à bien l’aérer pour qu’il soit moins sujet aux feux bactériens et fongiques.

 

Pour finir nous récoltons des greffons (pousses de l’année de 12 à 20 cm) que nous marquons pour bien repérer de quel arbre ils sont originaires.

Ces greffons pourront être enterrés dans du sable le long d’un mur orienté nord. Ils peuvent aussi être mis au réfrigérateur pour être greffé au printemps, lorsque que le porte greffe commence à débourrer.

 

Denis nous a parlé de quelques variétés intéressantes et adaptées à notre régions :

La CALVILLE BLANCHE :

Variété ancienne de pommes délicieuses, à haute valeur ajoutée.

La REINETTE ANANAS :

Qui porte bien son nom et révèle une note exotique !

 

Il y aurait plusieurs dizaines de variétés de pommes en Ile-de-France qui ont toutes un intérêt certain, sélectionnées par des arboriculteurs et paysans avertis pendant plusieurs siècles. Aujourd’hui cet héritage se perd pour un système industriel et monocultural au dépend de la résilience de notre agriculture qui devrait être plus locale et mieux adaptée.

 

Planter des fruitiers et les entretenir est une chose simple et à la porter de tous. N’hésitez pas à vous lancer dans la culture de variétés anciennes.

 

Merci à l’association des Croqueurs de Pommes pour nous avoir mis en contact avec Denis.

Et un grand merci à Denis pour nous avoir apporté une bonne dose de connaissance et de bienveillance sur un verger pourtant délaissé.

Nous espérons le revoir pour un atelier sur la greffe ! Peut-être le croiserons-nous aux Jardins du Luxembourg.

N’hésitez pas à me contacter s’il y a des choses à revoir dans l’article ou si vous avez des questions, je suis à votre disposition.

Arthur de l’association Mycorhize

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s