To butte or not to butte ?

culture sur butteMais qu’est-ce que vous avez avec vos buttes en Permaculture ?

Alors oui après tout, pourquoi des buttes ? Est-ce que cultiver « à plat » ne produit pas autant ? Et les rendements seraient-ils décuplés par le profil et la construction spécifique aux buttes de culture ?

Non. Cultiver « à plat » est tout autant productif, à vrai dire certains des rendements aux m2 les plus élevés (en bio) sont cultivés sur le plancher des vaches. Alors pourquoi se donner tant de mal à creuser des buttes de 90cm de haut ?!

Tout type de culture a ses avantages et ses inconvénients, il s’agit de trouver quel équilibre est le nôtre en fonction de nos facilités et de nos préférences. Personnellement je n’ai rien contre la culture à plat, au contraire, certains systèmes sont très adaptés et/ou hyper-productifs.

Ex : Eliot Coleman, John Jeavons, TCS de Dominique Soltner, Louis Savier ou encore Jean Pain.

Aujourd’hui les buttes sont un phénomène de mode en permaculture et bien souvent au détriment de la vie du sol, ce qui est aujourd’hui sujet à débat. Dans le monde permacole certains les voient d’un mauvais œil car c’est souvent des « urbains » sans connaissance du terrain qui pratiquent cette technique tout en profitant de la renommée et de l’image très cool de la « butte de permaculture ». D’autres y vont franchement en se moquant des fantasmes agronomiques et enterrent de la matière organique, même en sol fertile.

Seulement voilà, les buttes aussi (bien faites ; sans enterrer de MO* sous la couche superficielle lorsque ce n’est pas nécessaire) ont leurs avantages. Parmi lesquels nous pouvons citer ceux communs à la plupart des techniques :

– Le relief ainsi créé prodigue une surface de culture plus grande.

Et oui 1m2 à plat = 1m2.

Une butte de 1m de haut sur 1m2 = 2m2. C’est magique ont vient de multiplié la surface par 2 !

Bien sûr dans l’applicatif nous ne faisons pas de pentes si fortes pour des raisons logiques d’érosion mais tout de même, nous augmentons notre surface de culture.

– Un sol hyper aéré : la segmentation ainsi créée évite au sol de se tasser.

Déjà rien que dans le cadre d’un lieu public, les chances de marcher sur une planche de culture plate sont décuplées par rapport à une butte avec des rebords de 40cm de haut où seuls les plus belliqueux oserons piétiner.

– Un sol qui se réchauffe plus vite car l’angle ainsi créé favorise la captation des rayons solaires et l’évaporation. Le phénomène de ressuyage y est encouragé, ce qui, chez nous dans un sol argileux en bordure de marais, est primordiale.

– Une aggradation de la fertilité accélérée pour la première année d’installation des cultures.

Certes nous pourrions acheter ou trouver du compost, l’étaler sur la surface, le griffer, ajouter du mulch avec beaucoup de lignine et de la matière azoté. Mais on ne trouve pas du compost de bonne qualité comme ça. Avec la construction de buttes bien aérées où la MO est enfouie sur les 10 premiers cm de manière équilibrée N2/C*, en quantité raisonnable nous nous retrouvons avec un compostage de surface à froid, qui est mieux valorisé par la microfaune et les champignons.

L’aération ainsi créée par la formation de butte permet une libération de la MO. L’oxygène ainsi mis à disposition permet aux micro-organismes de vaquer à leurs activités de digestion des différents éléments nutritifs du sol qui, une fois digérés, sont sous une forme assimilable par les plantes.

(cf. processus d’humification et de minéralisation)

L’apport d’un paillage ou de mulch en surface est la touche finale. C’est aussi l’étape la plus importante et la seule qui est réellement primordiale. Toute personne comprenant le phénomène de pédogenèse* comprendra que la couche d’humus (=fertilité) est due à la décomposition de la MO sur le sol minéral.

Voilà une petite explication de pourquoi nous faisons l’effort de creuser des buttes de culture, et je le répète les buttes sont loin d’être la seule manière de faire un potager en permaculture. C’est une technique qui aujourd’hui est adaptée à notre situation dans un contexte particulier : bord de marais, sol argileux et pauvre en MO, petite surface <900m2, besoin de « construire » un sol rapidement.

*MO : Matière organique

*N2/C : Rapport Azote/Carbone

*Pédogenèse : Ensemble des processus physiques, chimiques et biologiques entrainant la formation des sols.

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